Effets de présence du son : performance, radio art et installation

Vendredi le 25 mai 2012

Louise Poissant, Lorella Abenavoli, Marie-Christine Lesage

Introduction You must have the Adobe Flash Player installed to view this player.

jean-paul-queinnecJean-Paul Queinnec

La présence du son au théâtre : depuis l’objet à écouter au lieu à habiter You must have the Adobe Flash Player installed to view this player.

BIO
Jean-Paul Quéinnec est professeur de théâtre à l’Université du Québec à Chicoutimi. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada « Dramaturgie sonore au théâtre », sa recherche met en relation écriture sonore et écriture scénique pour tendre vers la création d'une nouvelle dramaturgie sonore au théâtre qui appelle à l’ouverture interartistique (arts médiatiques et performance). Il est membre du Centre de Recherche sur l'Intermédialité (CRI), du Centre d'Études sur les Lettres, les Arts et les Traditions (CELAT) et de la Société Québécoise des Études Théâtrales (SQET). Ses pièces, produites en France et au Québec, sont publiées aux Éditions Quartett (France).

RÉSUMÉ
À la fin du XIXème siècle, si l’évolution de la technologie sonore attribue une qualité inédite des présences sur scène, la place du son reste subordonnée à la tension dramatique. Fonction d’ambiance et d’illustration qui plus tard se prolonge, malgré les solutions techniques plus malléables et une approche plus organique du plateau qui en font un élément crucial. À la fin des années soixante, le territoire théâtral, rendu fragmenté et poreux aux autres disciplines, défait le lien entre écouter et voir. Ainsi, après ce rappel historique, nous tenterons de montrer qu’au-delà de sa sonorité, c’est davantage sa densité qui rend le son présent. Travail sur la résonance où le son comme objet à écouter devient un site à habiter, faisant de la création théâtrale un lieu ouvert à l’événement.

marie-brassardMarie Brassard

Les bruits de la pensée, paysages audibles

BIO
Pendant plusieurs années, sa carrière a été étroitement liée à celle de Robert Lepage. Sous sa direction, avec d’autres artistes, elle a participé à la création de plusieurs pièces de théâtre et films.

Elle créait en 2001 son premier spectacle solo, Jimmy créature de rêve, dans le cadre du Festival de théâtre des Amériques. Il y eut par la suite trois autres créations, La Noirceur, Peepshow et l’Invisible, dans lesquelles elle poursuivait ses expériences technologiques, explorant les manières possibles d’utiliser le son au théâtre. Entrelaçant les voix et les musiques, traversant les niveaux de réalité, elle nous mène dans un monde où les frontières entre privé et public s’estompent et la relation entre les êtres humains et la technologie devient intime. Son travail particulier, qui a fait d’elle une voix singulière dans le paysage théâtral contemporain, est présenté en anglais et en français et a été accueilli chaleureusement dans plusieurs villes d’Amérique, d’Europe et d’Australie. Elle est directrice artistique de la compagnie de production Infrarouge.
(Extrait du site http://infrarouge.org)

RÉSUMÉ
Mon corps est mon médium, je suis une actrice. Mue par mon désir de m’éloigner du réalisme, je me réinterprète à travers des identités qui sont à des kilomètres de moi. Grâce à la technologie qui travesti ma voix, j’invente des créatures invraisemblables, des personnages dichotomiques : des êtres dont le corps ne correspond pas à la voix. Les processeurs de son et les appareils d’amplification décuplent mon humanité : ils me permettent de créer une intimité en rendant accessible à l’oreille du spectateur le moindre de mes chuchotements. Avec les sons et la musique qui m’enveloppent ou jaillissent de moi sur scène, je créé aussi parfois des paysages ouverts où le sens n’est pas précisé avec des mots, pour mettre en lumière la beauté qui réside dans ces espaces, ces silences du sens. Grâce aux feedbacks, à l’écho, au temps décalé, je tente de traduire certains états, difficiles à décrire via le langage et je m’aventure là où la pensée, amputée des mots, se transforme en rythmes, sons et chants.

alexander-macsweenAlexander Macsween

L'effet de substance You must have the Adobe Flash Player installed to view this player.

BIO
Le musicien et compositeur Alexander MacSween a débuté sa carrière en tant que batteur rock, jouant notament avec Bionic, The Nils et Pest 5000. Alexander navigue aussi les milieux de la musique improvisée et de l’électronique. Entre autres il a joué avec Frank Gratkowski, Sam Shalabi et Martin Tétreault. En tant que compositeur Alexander a participé à de nombreux projets de danse, théâtre et cinéma. Il a travaillé avec Marie Brassard, François Girard, Brigitte Haentjens, Robert Lepage, Wajdi Mouawad et José Navas. Il a créé aussi des performances solo ainsi que d’installations sonores. Son nouveau projet solo, Macheen, verra le jour à la prochaine édition du festival MUTEK. De plus Alexander est enseignant, donnant des formations sur le traitement du son en direct pour le spectacle dans plusieurs institutions en Europe et en Amérique du Nord.

RÉSUMÉ
Dans le travail de Alexander MacSween, que ce soit une pièce enregistrée, une composition pour la danse ou une installation, on peut remarquer un travail de spatialisation ; une intention de définir l’espace soit par le placement d’éléments sonores ou par la création d’atmosphères dans lesquelles le son prend une présence physique. Alexander développera son approche durant cette journée d'étude.

eric-letourneauÉric Letourneau

Omnipotence et impersonnalité radiophonique : la présence fabriquée

BIO
André Éric Létourneau est chercheur, manoeuvrier, auteur et réalisateur radiophonique. Il poursuit des projets qui s'inscrivent à la frontière des arts, de la sociologie, de l'anthropologie, de la communication, des arts électroniques et de la littérature. Depuis les années 1990, son travail est activé dans des festivals et des événements internationaux en Amérique, en Europe, en Asie, plus récemment à la Biennale d'Afrique de l'est au Burundi. Il a dirigé des formations sur les pratiques interdisciplinaires et a oeuvré comme opérateur culturel auprès de plusieurs organismes ou médias comme Radio-Canada, CKUT, la Biennale de Paris, Dare-Dare et le Conseil des Arts de Montréal. Il écrit des fictions radiophoniques et des textes sur l'interdisciplinarité, la création radiophonique et les sciences sociales pour de nombreux medias dont nationaux et internationaux. Il est professeur en médiatisation radiophonique à l'École des médias, UQAM.

RÉSUMÉ
La réalisation d’une émission radiophonique consiste à créer un espace de jeu, un territoire où se mettent en scène des présences qui se manifestent par la voix et le paysage sonore. Qu’elles opèrent dans les styles du documentaire, de l’information, du divertissement, du commentaire sociopolitique, du Hörspiel ou de la création radiophonique, ces réalisations proposent des représentations de personnages et de personas spécifiquement fabriqués pour la radiodiffusion.

emile-morinÉmile Morin

L'espace amplifié : stratégies sonores pour un art du plongeon You must have the Adobe Flash Player installed to view this player.

BIO
Émile Morin est artiste et commissaire indépendant. Il est membre fondateur de Recto-Verso, groupe de création multidisciplinaire, et en fut codirecteur et directeur artistique de 1984 à 2011. Il a créé le Mois Multi, un festival annuel dédié à l’art multidisciplinaire et électronique. Il fut directeur artistique et codirecteur artistique d’Avatar, entre 2001 et 2007, centre d’artistes dédié à l’art audio et électronique. Il a collaboré avec de nombreux artistes, dont John Oswald, Jocelyn Robert. La pratique artistique d’Émile Morin juxtapose plusieurs disciplines pour élaborer des installations, des espaces scénographiques, des oeuvres immersives et des constructions « dramatiques ». Depuis plusieurs années, il fait un usage intensif, mais critique, des nouveaux outils technologiques.

RÉSUMÉ
Prenant exemple sur des oeuvres présentées au Mois Multi et sur des créations de Recto Verso, nous poserons un regard sur des créations ayant en commun de solliciter fortement notre système sensoriel et perceptif, plus spécifiquement par les sons, et ce parfois, jusqu'à le déstabiliser de manière à amplifier l'écoute ou l'expérience de l'écoute. Des créations, où la distance possible entre le visiteur et l'oeuvre est diminuée par des dispositifs techniques, des stratégies sonores, qui sont à la fois les mécanismes qui activent l'oeuvre et ceux par lesquels celle-ci est reçue. Nous sommes désormais en mode expérience, dans lequel notre corps est impliqué directement et où la distance avec l'oeuvre disparait, créant les conditions d’écoute aiguë et consciente nécessaire à l'art qu'on nomme immersif et qu'on pourrait simplement appeler, l'art du plongeon.

nancy-tobinNancy Tobin

L'obsession du crédible You must have the Adobe Flash Player installed to view this player.

BIO
Nancy Tobin est artiste sonore et conceptrice pour les arts de la scène. En 2004, elle est mise en nomination pour le Masque de la conception sonore par l’Académie québécoise du théâtre pour sa contribution à la production LE PROCÈS, mise en scène par François Girard. Au cours des vingt dernières années, Nancy Tobin a développé une approche marquée par l’utilisation de haut-parleurs inhabituels visant à transformer les qualités sonores de ses créations.

RÉSUMÉ
L'obsession de créer un environnement qui soit non pas réaliste mais crédible est définitivement une constante dans mes recherches. En ce sens que ce qui importe c'est de mettre en oeuvre une manifestation du son qui s'imbrique au sein d'une création (scénique surtout) de manière intrinsèque. Sa présence est infaillible, indéniable comme naturelle. Au travers des processus de création vécu, je vais brièvement décrire les approches spécifiques trouvées afin de favoriser une expérience palpable du son.

florian-grondFlorian Grond

Présence et sonification

BIO
Florian Grond (Graz, Autriche 1975), est artiste en arts médiatiques. Sa production est inspirée en grande partie de sa formation scientifique. Il détient une maîtrise ès sciences en chimie de la Karl-Franzens-Universitaet, à Graz. Il a travaillé au Zentrum für Kunst und Medientechnologie à Karlsruhe comme chercheur associé et artiste invité ainsi qu'en 2009 à l'Input Devices and Music Interaction Laboratory et au Shared Reality Lab du Centre des machines intelligentes de l'Université McGill. Il a publié des articles scientifiques ainsi que sur le rapport entre les arts et la science. Depuis 2004, il a participé à de nombreuses expositions en Europe, en Asie, et en Amérique du Nord. Il est doctorant en sonification au CITEC (Cognitive Interaction Technology Center of Excellence) de l'Universitaet Bielefeld, en Allemagne et vit à Montréal depuis 2011.

RÉSUMÉ
Je vais présenter mes travaux et ceux d’autres praticiens qui embrassent le domaine de l' auditory display, dans les installations sonores et les performances qui convoquent la sonification. Le but de la sonification est de représenter des données numériques. Par contre les questions de design sonore sont fortement liées avec l’impression de présence que peut produire la sonification. Dans les exemples que je vais présenter on va trouver des stratégies différentes qui peuvent être employées pour stimuler la notion de présence de quelque chose qui porte potentiellement de l’information. Les exemples incluent des sons vocaux pour représenter des fonctions mathématiques pour les aveugles et aussi l’approche très récente de Bovermann l'auditory augmentation dans laquelle on utilise des sons d’interaction à partir desquels on emprunte une information additionnelle. Dans mon discours je vais également présenter le projet collaboratif Audible Sculptures qui est soutenu par le fond stratégique d'innovation du CIRMMT (Centre for Interdisciplinary Research in Music Media and Technology).

magali-babinMagali Babin

Toucher pour entendre

BIO
Magali Babin triture les bruits et les sons; elle performe, improvise, compose et expose. Sa démarche repose essentiellement sur un jeu d’amplification et d’interactions sonores qu’elle associe à des objets usuels et quotidiens. L’amplification de l’objet la conduit à s’intéresser à l’enregistrement des sons ambiants et de «sons que l’on n’entend plus, tant ils font partie de notre routine de vie». La création de nouvelles situations d’écoute, le rapport au son et aux espaces de diffusion ainsi que «la gestuelle des interactions sur l’objet» sont les aspects importants qui caractérisent ses oeuvres.

RÉSUMÉ
Le travail sonore de Magali Babin tient à la fois de la performance et de la composition. Selon les propositions, Magali explore la présence sonore par l’action et le geste, mais aussi par différentes situations d‘écoute. D’après quelques extraits d’oeuvres sélectionnées, elle nous introduira aux différents aspects qui caractérisent sa démarche en art audio. Des créations qui sollicitent l'écoute comme expérience de l’intime, entre la géographie sonore des objets et une sonographie de paysages indéfinis.

Josette Feral

Clôture You must have the Adobe Flash Player installed to view this player.

Comité organisateur

louise-poissantLouise Poissant

Louise Poissant est une des fondatrices d’Hexagram et doyenne de la Faculté des arts de l’UQAM. Elle s’intéresse aux enjeux pratique, théorique et esthétique que sousentend l'utilisation des médias comme médium. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages et articles dans le domaine des arts médiatiques publiés au Canada, en France et aux États-Unis. Elle a dirigé la rédaction et la traduction d'un dictionnaire sur les arts médiatiques publié aux PUQ en français et en version électronique. Ses recherches actuelles portent sur les arts et les biotechnologies et sur la notion de présence virtuelle dans les arts de la scène.

marie-christine-lesageMarie-Christine Lesage

Marie-Christine Lesage est professeur à l’École supérieure de théâtre de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où elle dirige le programme de maîtrise. Son enseignement et ses recherches en théâtre portent sur la dramaturgie contemporaine et la scène interartistique actuelle. Elle a publié dans différentes revues et livres des réflexions sur les formes récentes de l’écriture dramatique, avec un intérêt marqué pour les questions de la mémoire, de l’histoire et du médiatique. Le second axe de ses recherches a pour objet les formes scéniques interartistiques, et plus particulièrement les questions relatives à la relation entre les arts visuels, les espaces sonores, les usages de la technologie et la scène théâtrale. Elle a publié et dirigé deux dossiers de revues sur la question et elle collabore notamment au groupe de recherche sur Le son du théâtre dirigé par M.-M. Mervant-Roux (Paris : CNRS-ARIAS) et elle est membre de l’équipe de recherche sur Performativité et effets de présence dirigé par Josette Féral (UQAM- FQRSC).

lorella-abenavoliLorella Abenavoli

Artiste franco-italienne en art audio, Lorella Abenavoli est sculpteure et produit des oeuvres installatives interdisciplinaires convoquant la biologie, la physique, l'acoustique, la programmation associées aux pratiques plastiques de l'espace. Elle a exposé son travail en Europe, aux Etats-Unis et au Canada. Boursière du FQRNT, elle est arrivée au Québec en 2007 pour poursuivre un doctorat à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Sa recherche vise à définir la place du medium son dans les arts plastiques et médiatiques. Elle a été directrice artistique entre 2009 et 2011 d'Avatar (Ville de Québec), centre d'artiste dédié à l'art audio et électronique. Elle poursuit actuellement une collaboration artistique avec Nicolas Reeves dans le cadre d'Hexagram-Uqam et travaille à la conception d'une nouvelle scénographie sonore en collaboration avec le chorégraphe français Bernardo Montet.

josette-feralJosette Feral

Josette Féral enseigne actuellement à La Sorbonne nouvelle-Paris3. Elle est professeur à L’École supérieure de théâtre de l’Université du Québec à Montréal depuis 1981. Elle a publié de nombreux livres parmi lesquels Théorie et pratique : audelà des limites (Entretemps, 2011), Mise en scène et jeu de l’acteur, tomes 1, 2 et 3(Montréal, Bruxelles, 1997, 1998, 2007), Rezija in Igra (Slovénie, 2008). Directrice de plusieurs ouvrages collectifs dont les plus récents sont Pratiques performatives : Body Remix (Presses de l’Université de Rennes, 2012) et Genetics of Performance (Cambridge Univ. Press, Theatre Research International, 2008), The transparency of the text : Contemporary Writing for the Stage (co-éd. avec Donia Mounsef, Yale French Studies, 2007). Ses articles ont été traduits dans une douzaine de langues. Elle est invitée à donner des séminaires dans plusieurs universités. Elle a été présidente de la FIRT (Fédération internationale pour la recherche théâtrale) de 1999 à 2003.

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