Infirmités spectaculaires. De l’usage pragmatique de la figure du handicap au cinéma.

Ethis, Emmanuel
Fabien Labarthe

Résumé : À travers un entretien, un jeune spectateur redonne toute sa vigueur signifiante A l’artifice de ce que l’on pourrait désigner comme étant l’une des figures filmiques les plus remarquables sur laquelle le cinéma s’appuie pour se tirer de quelques mauvais pas narratifs: la figure du baiser saisi dans la course-poursuite, ce baiser qui est censé tirer d’affaires un héros en position difficile, et ce, en épousant les lèvres d’une fille sublime :

« Ce qui m’intrigue le plus dans les films, et surtout dans les films où il y a du suspense, les films d’action comme j’ai entendu dire […]. Ce qui m’intrigue donc dans ces films-là, c’est cette espèce d’issue de secours à deux francs qu’«ils» utilisent quand le héros est poursuivi par plein de méchants et qu’il tente de leur échapper en passant inaperçu: car le mec, je ne sais pas comment il fait, et où ceux qui écrivent l’histoire ont déjà vu ça, mais le mec, il trouve toujours sur son chemin une nana vachement mimie qu’est plantée là, sortie d’on ne sait où, qu’il va prendre dans ses bras sans qu’elle, elle soit plus étonnée que ça; et là, tout ruisselant de sueur, forcément à bout de souffle, il va se mettre à l’embrasser comme si de rien n’était, le temps que ses ennemis s’éloignent… Moi, je trouve ça génial de nous demander de croire à tout ça, c’est carrément plus fantastique que je ne sais quelle histoire de vampires qui hypnotisent les femmes avant de leur sucer le sang… Tu imagines, toi, des poursuivants qui te traquent et qui ne repèrent rien, alors que quand même, quand des gens dans les rues de la vraie vie se roulent la méga pelle du siècle, tout le monde les mâte, qu’on soit gêné ou pas, on les mâte, et c’est vraiment pas le superman pour pas se faire remarquer... » (Entretien avec Antonin R., 13 ans)

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